
À la suite de la finale mouvementée de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) du 18 janvier, dix-huit supporters sénégalais ainsi qu’un ressortissant français demeurent incarcérés dans les prisons d’Al Arjat 1 et 2, situées à Salé, près de Rabat. Poursuivis pour des faits de violences et de débordements, ils attendent désormais leur jugement en appel, fixé au 13 avril.
Dans ce contexte, le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), présidé par Amina Bouayach, joue un rôle clé d’observation et de contrôle du respect des garanties fondamentales.
Le CNDH intervient dans cette affaire avec un mandat clair : veiller au respect des principes fondamentaux de l’État de droit. Cela inclut notamment :
Selon Amina Bouayach, la procédure judiciaire en cours respecte, à ce stade, les standards juridiques requis.

Les équipes du CNDH ont effectué deux visites dans les établissements pénitentiaires. Ces inspections ont permis :
Ces discussions, d’une durée d’environ trois heures par groupe, n’ont révélé aucune allégation de mauvais traitements.
Les détenus concernés bénéficient de conditions de détention spécifiques :
Un suivi médical a également été assuré, confirmant une prise en charge sanitaire adéquate.

Malgré certaines accusations évoquées par la défense, notamment par Me Patrick Kabou, aucune plainte formelle pour mauvais traitements n’a été confirmée lors des visites du CNDH. Les détenus eux-mêmes ont nié toute violence ou injure à caractère raciste.
Un point soulevé par la défense concerne la compréhension des procédures judiciaires. L’avocat des supporters sénégalais a évoqué une barrière linguistique, suggérant une traduction en wolof.
Cependant, selon les observations du CNDH :
Au Maroc, les droits des personnes en garde à vue sont clairement affichés dans plusieurs langues (arabe, tifinagh, français et anglais) dans les lieux de privation de liberté. Cette transparence vise à renforcer l’accès à l’information et à garantir le respect des normes juridiques.

Certaines voix, notamment au Sénégal, qualifient ces détenus d’« otages ». Une position rejetée par le CNDH, qui rappelle que :
Au-delà des faits reprochés, cette affaire met en lumière un enjeu central : la capacité des institutions à garantir une justice irréprochable dans un contexte de forte exposition médiatique et diplomatique. Le suivi assuré par le CNDH, sous l’impulsion de Amina Bouayach, s’inscrit dans une logique de transparence et de conformité aux standards internationaux.
Reste que la décision en appel sera déterminante. Elle devra non seulement trancher juridiquement le dossier, mais aussi répondre aux attentes légitimes en matière d’équité, de respect des droits fondamentaux et de crédibilité du système judiciaire marocain. Dans ce type d’affaires sensibles, chaque étape compte : elle façonne autant la justice rendue que la confiance qu’elle inspire.